vendredi 24 novembre 2017

Afrique australe 4 : des habitants!

Lors du voyage tout de même il y eut des rencontres avec les habitants (mais je me retiens toujours un peu de prendre des photos)

A Swakopmund, grande ville de Namibie, l'on nous a proposé une visite dans les townships. Pourquoi pas, donc, même si cela fait un peu trop 'pour touriste'.
Visite au marché (pas de photos des vendeuses, des produits, des gamins, etc.) et arrêt dans une maison pour rencontrer deux dames Herrero dans leurs habits traditionnels.

Pour en avoir aperçu d'autres en pleine ville (ailleurs) l'on peut suggérer que même si c'est un peu 'mis en scène' ici, l'habit traditionnel est encore porté de façon usuelle.

Le quartier lui-même est comme un quartier de ville africaine, dorénavant chacun peut habiter où il le désire, mais du temps de l'apartheid (existant aussi en Namibie puisque le pays, après avoir été une colonie allemande, est passé sous protectorat sud africain, et est indépendant depuis 1990), selon ton ethnie, tu habitais tel ou tel quartier.
Petit tour dans un quartier à la périphérie, où habitent des nouveaux arrivants, enregistrés, mais dans des habitations précaires (pas destinées à durer-quoique)
Comme un bidonville?
Retour dans le township précédent pour découvrir des spécialités
Galette de céréales pour attraper les autres aliments -pas de couverts
Fruits, haricots

Poulet, chenilles (testé), épinards
 Plus au nord, arrêt dans un village Himba. Les hommes gardent les troupeaux quelque part, les femmes et les enfants sont là.



 Terminons avec des gens que l'on ne verra pas, mais qui ont laissé voici des siècles des traces sur les parois. Les Bushmen habitaient ici (on dit les San, ils sont actuellement peu nombreux, dans une autre partie du pays, oui, ils parlent une langue avec des clics, on a eu une démonstration)


 Une idée du coin reculé, et quelques dessins.


mercredi 22 novembre 2017

Une odyssée

Une odyssée
un père, un fils, une épopée
Daniel Mendelsohn
Flammarion, 2017
Traduit par Clotilde Meyer et Isabelle D. Taudière



Daniel Mendelsohn est l'auteur des Disparus, à lire absolument, et le voici de retour avec Une odyssée, recensé par Dominique, et forcément noté derechef comme indispensable.

Qui a lu l'Odyssée? Je ne dis pas forcément en VO, mais en version intégrale? On croit connaître, en tout cas (Ulysse, le retour de Troie, Pénélope, tout ça) et quel meilleur professeur pourrait-on choisir que Daniel Mendelsohn? Lors d'un semestre à l'université consacré à l'Odyssée, voilà que son père Jay, 81 ans, scientifique à la base, demande à assister à ses cours. Promettant de ne pas intervenir, promesse bien sûr non tenue, mettant parfois son fils dans l'embarras. En effet Ulysse ne lui plait guère.

Voilà donc le lecteur assister aux cours, aux débats, aux explications éclairantes de Daniel Mendelsohn, et ce n'est que du bonheur! Avec parfois quelques surprises pour l'auteur, poussé dans ses retranchements.
"Non, vraiment, quand vous enseignez, vous ne savez jamais quelles surprises vous attendent: qui vous écoutera ni même, dans certains cas, qui délivrera l'enseignement."

S'il n'y avait que la recension de ce cours, ce serait déjà admirable. Mais "Un fils en quête de son père. Ainsi commence l'Odyssée, et ainsi finit-elle." Trois générations : Télémaque, Ulysse, Laerte. Daniel Mendelsohn évoque la personnalité de son père, à ses yeux en tout cas, un homme assez rigide et peu expansif. L'oeuvre d'Homère révèle des résonances dans leur histoire personnelle, Dominique parle par exemple des lits (fabriqués par Ulysse, et par Jay), je parlerai juste d'une certaine honte de Daniel à l'égard de Jay, et de son choix de mentors ou 'pères choisis'. Une remarque de Jay au sujet de Télémaque et Eumée, "ça a dû être dur pour lui -Ulysse- d'être obligé de rester là, imperturbable, à regarder son fils se comporter avec l'autre comme si c'était son vrai père", remarque que Daniel Mendelsohn ne commente pas dans le livre, n'en est que plus forte.
Le livre est plein de ces échos entre passé homérique et passé/présent du père et du fils Mendelsohn.

Mais ce n'est pas tout: père et fils s'inscrivent à une croisière en Méditerranée, "Sur les traces d'Ulysse" et le compte rendu de cette 'odyssée' s'inscrit dans le livre.

En conclusion : c'est forcément érudit, mais ça se lit sans peine, c'est passionnant, riche, dense et donne à réfléchir.

Le récent billet de myriam (Aifelle, tu attends quoi?) et d'autres vies que la mienne, papillon, galéa,

Pour faire court, je dirai de même de la BD suivante, lue en parallèle
Ulysse les chants du retour
Jean Harambat
Actes sud, 2014



La parole est donnée à Homère, bien sûr, mais aussi des personnes spécialistes ou non. Le graphisme évoque souvent celui retrouvé sur les vases grecs par exemple.

Les premières pages ici.

lundi 20 novembre 2017

Fukushima Dans la zone interdite

Fukushima
Dans la zone interdite
William T. Vollmann
Tristram, 2012
Traduit par Jean-Paul Mourlon



Journaliste résidant à Sacramento, William Vollmann s'est rendu peu de temps après le tremblement de terre/tsunami/accident nucléaire au Japon et particulièrement dans la région de Fukushima.

Muni d'un dosimètre qui pour ce que j'en ai compris n'indiquera que les relevés cumulés (et donc pas à un instant T)(de plus je m'y suis rapidement perdue dans les millirems et millisieverts -sans parler des roentgens obsolètes), et ayant prévu de vieux vêtements destinés à finir dans une poubelle des zones contaminées, le voilà qui part, accompagné d'une traductrice, et de divers chauffeurs de taxi. Il a très officiellement le droit d'interviewer les gens, mais se contentera plutôt de conversations avec des japonais certes matériellement ruinés, mais -à part un- n'ayant pas perdu de proches.
Décrivant les paysages, les dégâts, l'oeil sur son dosimètre (fiable?), il va jusqu'à un périmètre interdit, et son voyage se termine à Hiroshima et son Musée mémorial.
Photo prise par l'auteur

L'on ressent son respect pour les Japonais soumis à la catastrophe, calmes et quasi fatalistes. Son ton est assez particulier, retenu, assez peu informatif finalement, en tout cas pas de conclusions définitives, c'est comme un cliché pris à un instant donné.
Souvent, une certaine ironie (ou autodérision) est perceptible.
"La sidérante capacité de l'officiel japonais à ne dire absolument rien n'a d'égal que l'absurde degré de confiance que le grand public place en lui; tandis que la suspicion cynique de l'électorat américain trouve son parfait complice dans la malhonnêteté complaisante et parfois même fanfaronne de nos officiels."

Photo prise par l'auteur


Les avis de charybde, (titré Une rareté : un Vollmann décevant, mais qui fait pourtant subtilement effet.)

Lu dans le cadre de Un mois, un éditeur.

vendredi 17 novembre 2017

Afrique australe 3 : du lourd!

Les trois derniers des Big five sont le buffle, le rhinocéros et l'éléphant. On ne les voit pas sur commande, mais pour l'éléphant ce fut un festival!


Tu me cherches, là?

Sans oublier les hippopotames

Un pépère bien peinard, ses cicatrices prouvent qu'il a su défendre son coin face aux congénères
 Sauf que...
Arrivée de l'éléphant pas content


Oui, barre-toi!

OK j'ai compris!


M'enfin, c'est qui le chef?
Quoi de plus enthousiasmant qu'un éléphant? Oui, un éléphanteau. Choyés, couvés par leurs mamans.
Le petit tète avec sa gueule les tétines situées entre les pattes avant.

Le spectacle le plus fort ce fut la traversée d'éléphants lors d'une balade en bateau sur le Zambèze.


Oui, faut penser à respirer...

Elle est pas belle la vie?
C'est sûr!
N'oublions pas plein d'animaux au fort capital sympathie
Oryx


Gnou

Coucou!



Springboks
 et un autre moins bien coté
On rigole moins, là!

mercredi 15 novembre 2017

La serpe

La serpe
Philippe Jaenada
Juillard, 2017
(lu avant le prix, mais pas possible d'échapper au bandeau, maintenant)


Jaenada (Il existe, je l'ai rencontré) est pote avec des gens que j'aime bien, et de plus il est bourré de talent. Mon manque d'objectivité sera total, mais mon avis en phase avec celui de la blogosphère, alors autant ne pas se retenir bêtement dans les louanges.

Trois jours pour avaler les 640 pages (je lis les remerciements, oui Môssieur), donc on peut dire que j'ai 'tourné les pages'. Avec Jaenada, je le savais (j'ai lu pas mal de ses romans et prévois de tout lire!) c'est du copieux, on ne chipote pas. On suit à la trace Anne-Catherine et Ernest, on découvre des trucs perso (dévoilés avec un sens de l'autodérision très sûr), vrais ou pas on s'en fiche, et on se perd un peu dans les parenthèses mais peu importe.

Là où ça suffirait à certains auteurs pour un roman (pas forcément mauvais, je ne veux pas d'ennemis), Jaenada ne se contente pas de ces amuse gueules, il donne du roboratif. Son pote Manu, Emmanuel Girard, petit-fils de Henri Girard, le tanne pour parler de son grand père, accusé d'avoir tué à la serpe (même pas bien aiguisée et au manche branlant) son père, sa tante et la vieille bonne, il répond présent, nous offre une biographie de cet Henri Girard, alias George Arnaud, auteur du Salaire de la peur (ne me faites pas de la peine, vous connaissez?), histoire qui déjà à elle seule mérite son pesant de pages écrites.
Henri Girard, tout le désigne comme le coupable, il est emprisonné (et en 1941/1943 la prison de Périgueux, ce n'est pas du cinq étoiles). Son passé parle contre lui, c'est plié, la guillotine l'attend. Sauf que son avocat s'appelle Maurice Garçon.

L'on est à la moitié du livre, oui, c'est bon, c'est excellent, que reste-t-il alors à raconter?

Jaenada part à Périgueux et se plonge dans les documents du procès, il épluche, il compulse, il fouine. Bingo! le voilà qui échafaude une hypothèse, argumente, questionne. Il faut dire que bien des détails à l'époque avaient été non pas ignorés, mais laissés de côté. C'est passionnant.

Cerise sur le gâteau, il nous fait part de derniers développements relatifs à Pauline Dubuisson, la Petite Femelle.

Alors vous attendez quoi pour lire La serpe?