jeudi 25 août 2016

The Girls

The Girls
Emma Cline
Quai Voltaire, 2016
Traduction de Jean Esch


Eté 1969, San Francisco, Evie Boyd a 14 ans et vit avec sa mère. Elle tourne autour du frère de sa copine Connie, bref c'est une ado basique pas toujours bien dans sa peau, qui se prépare à une rentrée en internat à l'automne.

Un jour elle repère un groupe de 'filles' dont Suzanne, plus âgées qu'elle, circulant en bus scolaire repeint en noir, fouillant les poubelles à la recherche de nourriture, volant en magasin... Elle est fascinée et veut à tout prix connaitre la communauté où elles vivent, elles et bien d'autres, sous la direction de Russell, gourou charismatique à leurs yeux. Sexe, drogue, partage des biens.
Dès le départ, puisque l'on sait qu'Evie, actuellement, est toujours sous le coup des événements tragiques de cet été là, on réalise que des membres de cette secte vont basculer dans le crime. Tout est vu par les yeux d'Evie, happée par ce désir d'être comme ces filles; l'ambiance de l'époque est extrêmement bien rendue, ainsi que le malaise de cette ado désireuse de grandir, enfin! L'atmosphère régnant au 'ranch' est parfaitement crédible aussi. Les détails sur ce qui s'est passé une certaine nuit, les événements y conduisant, sont distillés petit à petit, mais sans faux suspense. Evie la narratrice est adulte, continue à s'interroger, et cet angle permet d'aller plus loin qu'une simple histoire d'ado en rupture.

Au fil de la lecture je n'ai pu m'empêcher de penser à l'affaire Charles Manson, je me suis renseignée ensuite et c'est sûr qu'il y a des détails similaires. Mais je le répète, raconté par Evie, c'est complètement une bonne idée de fiction.
Une lecture que je recommande! Un premier roman réussi.

lundi 22 août 2016

Les revenants

https://www.cadran-lunaire.fr/article/1884117/commentaires/
Les revenants
The raising
Laura Kasischke
Christian Bourgois, 2011
Traduit par Eric Chédaille



Après La couronne verte, j'avais dit 'plus jamais Laura Kasischke'. Mais en matière de lecture, pas facile de dire non, surtout que l'auteur sera au festival America et que Sandrine parlait récemment de ces Revenants avec enthousiasme.
Alors alors? Hé bien je ne l'ai pas lâché!

Cela paraissait être un chouette campus américain du Midwest, où garçons et filles se fréquentent plaisamment, tous ou presque jeunes, beaux, en bonne santé. Nicole, par exemple, la jeune fille blonde, belle, intelligente, parfaite. En apparence. Sa copine de chambre, la brune Josie, paraît elle aussi bien sous tous rapports.
En face d'elles, Craig et Perry n'ont que peu de chances de comprendre.
Dès le début, Nicole et Craig sont victimes d'un accident de voiture, sous les yeux de Shelly, dont le témoignage ne sera jamais accepté. Craig, qui ne se souvient de rien, se voit considéré comme le meurtrier de Nicole. Perry s'inscrit au cours de Mira, professeur passionnée par la mort et les morts.

Tout cela avance plutôt lentement, mais rendant les faits si intéressants (y compris les cours de Mira!) qu'on ne s'ennuie pas et attend patiemment la suite. Les époques sont mélangées, sans qu'on s'y perde. La lune observe tout de là-haut. Petit à petit l'on en apprend sur ces groupes de jeunes étudiantes, les sororités (comme les fraternités pour les garçons, nommés avec des lettres grecques), qui les lient à vie envers et contre tous. Le lecteur avance pas à pas, reliant les fils, supposant et testant, découvrant ce qui se cache sous ces apparences si lisses et saines.

Bonne surprise! Cela se lit plaisamment, sans italiques agaçants dévoilant les pensées des personnages, sans faux suspense, détaillant non sans humour les vies de ces étudiants et professeurs.Je n'ai absolument pas boudé mon plaisir et recommande ce roman si l'on veut découvrir l'auteur.

"Elle se demandait à quoi pouvait ressembler  septembre pour qui ne travaillait pas dans l'enseignement. Se trouvait-on épargné par la mélancolique réminiscence de ce mois-là?Si oui, ce devait être comme de sécher un des douze travaux d'Hercule; on ne coupait certes pas au bourdon de Noël, mais au moins n'avait-on pas à revivre la fin de toutes les grandes vacances de sa vie, cette triste prise de conscience de sa propre mortalité, quand une fois encore, année après année, les enfants envahissaient votre univers avec leurs pulls neufs et leurs crayons bien taillés."

J'aurais juste une question car je suis sans doute trop logique parfois mais ça divulgâche beaucoup. Attention!
Si j'ai bien compris, tout a été organisé pour effacer la disparition d'une étudiante, y compris un accident de voiture, une  ouverture de cercueil, et j'en passe. Mais la disparition de cette étudiante finit par resurgir. Alors? On aurait pu tout simplement l'enterrer, non? (si elle était morte). Et puis quid de Nicole dans le futur, sans identité, sans existence? Mais bon, sans ça il n'y aurait pas eu de roman.

Les avis de Le bouquineur,

samedi 20 août 2016

Où je ne perds pas le nord 1

En janvier une amie me dit 'oh j'ai vu l'annonce d'une croisière vers telles destinations et tels conférenciers', j'ai réfléchi quelques heures et dit 'oui'. Non que je connaisse les conférenciers (honte à moi) mais mes lectures m'avaient déjà sensibilisée aux destinations et aux thèmes des conférences...

Alors croisière pour certains ça évoque cocktails autour de la piscine, farniente, animations, foule sur les sites aux escales, et avouons le, moyenne d'âge pas trop basse. Oui, oui, il y a de ça.

La destination number one, l'Islande, fait penser plutôt à la nature, les randonnées, les bonnes chaussures et les capes de pluie, non? (et aussi les footballeurs, mais je m'égare).
Mais quand trois semaines avant le départ votre orteil rencontre violemment un objet dur et solide, vous êtes heureux de n'avoir pas coché la case randonnée. J'ignore si c'est cassé, foulé ou fissuré, mais ça fait mal, encore maintenant 5 semaines après (oui, je verrai le médecin)

Arrivée à Reykjavik sous le soleil, qui nous quittera peu durant le séjour en Islande, les nuits étant courtes là-haut à cette saison. La journée? Mode T shirt, dirais-je. Exceptionnelle météo d'après les autochtones, qui nous ont encouragé à rester... Seul le vent pouvait contrarier l'impression estivale.

Gros coup de coeur à Reykjavik pour la Harpa, boutiques, salles de conférences, concerts et opéras, et son architecture vraiment réussie, permettant des prises de vues à l'abri du vent (froid) d'une partie de la ville...




Plafond et mur pris de l'intérieur
Ensuite traditionnelle excursion du Cercle d'or, à Thingvellir
 C'est là que s'écartent les plaques tectoniques américaine et eurasienne (quelques mm par an).
Un geyser du site de Geysir (oui, le mot geyser vient de là). Il crache souvent, après formation d'une demi boule à la surface.
La double chute de Gullfoss

La navigation ayant lieu la nuit, les journées permettaient de excusions dans la partie nord et ouest le l’île.
Isafjordur (moins de 3000 habitants)

Une maison du musée

Une place

Une rue
Cette journée là excursion à l'île de Vigur et ses milliers d'oiseaux marins. Je fonce, avec les jumelles.
Un phoque en pleine sieste au soleil (oui, je sais, ce n'est pas un oiseau)
Un guillemot et sa pêche pour nourrir les petits
Ici nids de sternes arctiques (au sol) , pas question d'y aller, de toute façon les volatiles attaquent en piqué
Sur l'île habitent des macareux, mais pour les prendre en photo, c'est un métier!

Ciel obstinément bleu, le lendemain encore, pour découvrir Akureyri et la chute de Godafoss, le lac de cratère Myvatn, des formations de lave (où certains voient des trolls), et le site de Namaskard (hélas quand on a visité Yellowstone le coin est un poil gentillet)






Et en vidéo :

video
Bon c'est bien tout ça, surtout qu'heureusement mon pied accepte les courtes balades.

Direction Grundarfjordur, près du volcan Snaefellsjokull (celui de Jules Verne et Voyage au centre de la terre)

Pas de sable fin...

En plusieurs langues (voir traduction de la dernière phrase)

Glacier

Mouette tridactyle



Encore en activité pour baptêmes mariages enterrements

A la poupe...
Dois-je en dire plus sur l'Islande, genre superficie, nombre d'habitants, etc.? Tout le monde sait que le coin propose des volcans (en activité ou pas), des glaciers; des petits chevaux solides adaptés au climat. J'ai appris que l'islandais est une langue assez compliquée, avec plein de cas. Minaudier n'en dit rien. Grands espaces, aussi, mais le nombre de touristes a quadruplé en cinq ans.

Le pays utilise l'énergie géothermique et hydroélectrique et je crois qu'à part les voitures il est 100% énergies renouvelables. Les émissions de CO2 à Reykjavik, de près de 300 000 tonnes par an en 1960 puis 200 000 vers 1975 ont été laminées de nos jours.

Ce qui fournit une transition parfaite pour aborder l'un des thèmes des conférences de la croisière, à savoir les menaces pesant sur le climat. Parce que vous pensiez qu'une fois à bord on ne faisait que manger, dormir et assister à des spectacles musicaux distrayants? (ce qui arrivait aussi!)

Jean Jouzel, connu pour ses travaux consacrés à la reconstitution des climats du passé à partir de l'étude des glaces de l'Antarctique et du Groenland (voir wikipedia; j'avoue honnêtement que je ne connaissais pas) a proposé quatre conférences, intitulées 'Evolution du climat, climat passé, présent, futur', 'Les programmes scientifiques en Arctique', 'Les conséquences du réchauffement climatique', 'De Copenhague à Paris, les négociations internationales',

Gilles Van Kote, directeur délégué du Monde, a évoqué 'La place de l'environnement dans un grand quotidien' et Olivier Nouaillas, chargé des questions d'environnement à l'hebdomadaire La vie a parlé de 'L'écologie, du global au local'
Plus des sujets comme 'Journalistes et scientifiques, quels rapports, ou 'Du papier au smartphone, la réinvention des médias'
Plus des tables rondes sur le dopage en milieu sportif, les élections américaines.

On a eu la projection du film Demain (et j'en suis ravie!)

Fin de l'épisode 1, mais il reste à dire!

jeudi 18 août 2016

Règne animal

Règne animal
Jean-Baptiste Del Amo
Gallimard, 2016




Quatrième de couverture
Règne animal retrace, du début à la fin du vingtième siècle, l’histoire d’une exploitation familiale vouée à devenir un élevage porcin. Dans cet environnement dominé par l’omniprésence des animaux, cinq générations traversent le cataclysme d’une guerre, les désastres économiques et le surgissement de la violence industrielle, reflet d’une violence ancestrale. Seuls territoires d’enchantement, l'enfance – celle d’Éléonore, la matriarche, celle de Jérôme, le dernier de la lignée – et l’incorruptible liberté des bêtes parviendront-elles à former un rempart contre la folie des hommes? 
Règne animal est un grand roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère.

C'est sur la foi de celle-ci que j'ai accepté de découvrir ce roman (et puis, Gallimard quand même)
Dans une ferme du Gers, au début du 20ème siècle, l'on vivote en autarcie, vendant porcs engraissés ou porcelets les bonnes années. Les travaux des champs? A la main! L'épouse (vite désignée comme la génitrice ou plus tard la veuve) est rude, exaltée et bigote. Le père et sa fille Eléonore ressentent quelque affection, vite étouffée par l'ambiance. Le chien Alphonse a droit à un nom, ainsi que Marcel, un cousin dont la présence et l'aide devenues nécessaires sont acceptées à contre coeur.
Soixante ans plus tard, début des années 80, l'élevage porcin a pris de l'ampleur, il est 'moderne', mais à trop forcer la nature, guettent les maladies. Les générations vivant à la ferme se côtoient, sous l'oeil interrogateur de Jérôme, le petit dernier un peu 'différent'.

D'accord, ce n'était pas à la même époque, mais j'ai connu des fermes dans mon enfance, et il me semble que c'était moins rude! Âmes sensibles s'abstenir! Les fausses couches de la future 'génitrice' m'ont mis le cœur au bord des lèvres (la défloration d'Eléonore, pas mal non plus)(et pourquoi saigne-t-elle, alors, plus tard?). Ah on n'est pas chez Disney, avec de mignons animaux proprets le ruban au cou! On vit dans la sueur, la crasse, la merde, le lisier, le sang, le sperme. Jusqu'à la fin, où j'imagine cadavres et purin emportant tout...

C'est donc noir, très noir, très écœurant; l'auteur a chargé la mule (tiens, pas de mule dans le roman, juste des chevaux) pour tous ses personnages, je respecte son choix, mais il  faut savoir que même morts, les malheureux ont encore droit aux descriptions sous la terre du cimetière.

A relire la quatrième de couverture, je m'aperçois que j'attendais une histoire plus clairement exposée, avec les dérives de la sur exploitation animale, de la sélection génétique affaiblissante et des risques encourus par les humains. Je l'y ai trouvé, mais juste en passant. 

En revanche ce fut l'occasion de découvrir l'écriture de l'auteur, là rien à redire, on a parfois le dégoût, mais c'est bien écrit. A certains moments j'ai craint les descriptions rurales ou guerrières trop souvent lues (oui, la fenaison, oui, on tue le cochon, oui, la mobilisation) mais des moments grandioses emportent le lecteur, comme les souffrances de Marcel à son retour, ou La Bête... Rares instants de respiration quand Eléonore ou un autre choisissent de garder en vie un petit animal...


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vendredi 5 août 2016

Blog en pause

Quand vous lirez ce post, je serai vraisemblablement fort fort loin...
Ici
Température de l'eau : environ 28/29 degrés

ou peut-être là
Température de l'eau : environ 4/5 degrés
Dans le sac (sauf changement de dernière minute):



Vous avez deviné, je sais. A plus!